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Introduction au yoga intégral - partie 2
C’est la philosophie du yogachara: «le monde à l’extérieur n’est qu’illusoire, c’est juste des créations de notre mental et nous créons notre propre monde».
Le philosophe Berkeley disait: “on ne peut pas prouver que la matière existe, on ne peut pas prouver ce qu’est la matière. Tout ce qu’on peut prouver c’est qu’il y a un mental, donc tout est création mentale et nous les créons nous-mêmes».
Livre très populaire: Le monde de Sophie basé sur la conception «tout est mental».
Les philosophes de l’Inde ont dit: «Non, ce n’est pas nous qui créons la réalité. Avec notre mental, nous pouvons déformer notre réalité, l’imaginer, mal la concevoir mais non la créer». On ne peut pas créer la réalité, même pas un atome. On ne peut pas comprendre ce qu’est l’atome avec notre mental. Le mental est très limité, il ne peut pas comprendre ni l’atome, encore moins Dieu, encore moins les choses spirituelles, et comment se relier à Dieu. Il ne peut pas créer ces choses car il est trop limité.
Brighu, dans son illumination, dit: «tout est mental». Dans certaines traditions spirituelles, on est très fier lorsqu’on est arrivé à l’illumination. On va se montrer supérieur aux autres.
Brighu n’avait pas cette fierté, il avait l’humilité spirituelle qui caractérise un grand sage. Il retourna voir Brahma qui lui répondit : «nous allons pouvoir passer à une autre étape».
Brighu a vu que son mental était rempli de pensées et qu’il pouvait les observer. En tant qu’observateur de ses pensées, il est différent de ses pensées et de son mental. Il pouvait même dire à son mental: «Arrête de penser à la liste d’épicerie, pense à faire le travail». Il pouvait diriger le mental pour que celui-ci dirige le prana et que ce dernier dirige l’énergie matérielle. Là on est à un plus haut niveau de direction et c’est là que vient le domaine de la méditation par laquelle on peut diriger le mental, contrôler le mental, mettre le mental dans une direction.
Brighu dit: «Voilà je suis au-delà du mental, maintenant j’ai une meilleure compréhension». Mais étant très humble et il est allé voir son maître.
Le maître lui dit: « Maintenant on peut passer aux choses sérieuses, retourne encore à ta méditation. »
Brighu continua et expérimenta un niveau bien supérieur: «C’est la nature purement spirituelle qui ne peut pas être décrite par les mots du mental, par aucune expérience matérielle, qui est au-delà du mental, qui est décrit comme l’âme pure qui est consciente qu’elle est différente du mental, du prana, des émotions qui entrent en contact avec la source de l’âme (l’Absolu) et c’est là qu’il a eu un bonheur comme il n’a jamais eu avant».
Avec ce grand bonheur, il retourna voir Brahma et lui dit: «Je ne sais pas s’il y a d’autres étapes».
Brahma lui dit: «Non tu as compris, il n’y a pas d’autres étapes».
C’est un résumé des cinq différentes dimensions. Le bonheur peut augmenter de plus en plus parce que cette union de l’âme avec l’Absolu peut augmenter jusqu’à l’infini.
Ces cinq différentes étapes sont comme cinq différents niveaux de conscience qui sont tous très importants et qu’il ne faut pas négliger si on veut vivre une vie pleine; de la dimension matérielle à la dimension spirituelle. Les cinq étapes sont nécessaires et elles doivent être bien comprises, en relation l’une avec les autres, pour atteindre des niveaux de conscience supérieure et une vie meilleure.
Le matérialiste va faire l’erreur de dire que tout est matière et qu’il n’y a rien d’autre. Le spiritualiste va laisser la matière en se disant qu’il y a juste le spirituel qui l’intéresse. Les deux sont trop extrémistes. Il ne faut pas négliger aucune étape et aucun niveau de réalité.
La spiritualité intégrale est de reconnaître ces cinq différents niveaux de conscience, de bien les harmoniser de façon spirituelle et de bien les reconnaître. C’est tout un art.
Je vais vous donner une définition du mot yoga qu’on retrouve dans la Bhagavad-gita, chapitre 2, verset 50 : «Le yoga est l’art d’agir».
Ce n’est pas juste une technique, c’est un art. Un technicien va bouger des choses, un artiste va créer des choses.
Le yoga est l’art de vivre plus consciemment par laquelle on peut harmoniser tous les différents aspects de notre vie parce que ces cinq niveaux de conscience touchent à cinq aspects différents de notre vie. Si on amène ces cinq niveaux en relation avec l’Absolu on peut vivre de façon totalement spirituelle en toutes circonstances. C’est un des points centraux du Yoga Personnel qui est d’aider les gens à mieux connaître ces cinq différents niveaux et comment les harmoniser dans leur propre pratique spirituelle.
Les difficultés de lâcher prise - partie 3
OBSTACLES
À part l’ego matériel il y a plusieurs autres obstacles au lâcher prise. Mais on ne doit pas se décourager. Il faut bien comprendre qu’on ne réussit pas à lâcher prise en prenant l’autobus. Généralement cela prend plus de 2 heures 50 minutes avant de pouvoir lâcher prise.
Je viens d’expliquer le problème de l’ego, il veut tout contrôler pour lui-même. Qu’arrive-t-il en voulant tout contrôler par lui-même? Malgré qu’il soit déjà égocentrique, il le devient davantage. Il veut être le centre de toutes choses. Il devient de plus en plus attaché aux choses matérielles croyant qu’elles lui appartiennent.
L’ego se dit: «Je suis un corps matériel, je suis la personne la plus importante de l’univers, je suis le centre de l’univers et tout ce qui est autour de ce corps m’appartient». L’ego fonctionne comme cela. Lorsque par exemple on achète une voiture, on a la conception que c’est ma voiture. L’ego se raffermit, il grossit. Plus on achète de bébelles, plus on a de choses matérielles autour de nous et plus on a le «Moi, moi, moi». Ce moi grossit toujours plus. Plus le moi grossit, plus on est attaché. «Il ne faut pas que personne égratigne ma voiture sinon je vais le tuer». L’ego matériel et l’attachement sont alors devenus très gros.
Pourquoi agissons-nous ainsi? C’est dû à l’ignorance car la personne n’a pas la connaissance de son vrai ego. Elle ne sait pas qui elle est vraiment. Puisqu’elle ne sait pas qui elle est, elle a un ego matériel, elle s’identifie à ce qu’elle n’est pas, la matière. L’ignorance qui nous recouvre nous fait voir les choses de façon illusoire.
LES CINQ COUCHES D’IGNORANCE
Il y a cinq couches d’ignorance, soit avidya, ashmita, raga, desha et abineveshita.
Avidya
Vidya veut dire la connaissance et avidya veut dire la non-connaissance. La non-connaissance de notre vraie nature. La non-connaissance de la nature de l’âme fait qu’on s’identifie avec ce qu’on n’est pas. Lorsque l’âme entre en contact avec la matière, elle prend un corps matériel et s’identifie avec ce corps. Elle se dit que lorsqu’elle est dans un corps d’homme, «je suis un homme» et lorsqu’elle est dans un corps de femme, «je suis une femme». Cela s’appelle avidya. C’est très très fort. Quelqu’un peut croire pouvoir lâcher prise mais lorsqu’elle se dit qu’elle est une femme, elle est encore dans l’ignorance, cela veut dire qu’elle ne lâche pas prise de son ignorance. Son ignorance est toujours là. Elle a peut-être lâcher prise de ce qu’elle pensait il y a cinq minutes mais elle n’a pas eu le vrai lâcher prise. On lâche prise de nos illusions, ce à quoi on est attaché et c’est ce qui est le plus dur à se détacher. Cette ignorance fait qu’on est très attaché à notre première illusion, on s’identifie à ce qu’on n’est pas.
Ashmita
La deuxième couche qui renforcit l’illusion à devenir encore plus forte en soi est ashmita. Ashmita veut dire «à moi» (possessif). «Non seulement je m’identifie à ce corps mais ce corps est à moi, il m’appartient». On ne sait pas qui est le moi encore parce qu’on est dans l’ignorance mais on croit que ce corps est à nous, on en est complètement convaincu. On n’est pas capable de fabriquer un seul atome, un seul ongle mais on est convaincu que c’est à nous. La nuance est rendue de plus en plus forte.
Dans ce ashmita, c’est à moi. Tout ce qui est en relation au corps, c’est mon corps, mon linge, ma maison, ma ville, mon pays. Tous ceux qui semblent donner des problèmes à mon pays, on va les détruire. Ce genre d’ignorance est souvent la cause de toutes les guerres, des problèmes dans la société et de l’hypocrisie. Lorsqu’on a cette ignorance, pensez-vous qu’on peut lâcher prise? C’est mon pays, c’est ma maison, je vais détruire ceux qui ne pensent pas comme moi. On ne peut pas lâcher prise avec cette ignorance. L’ignorance commence au niveau matériel et la solution est au niveau spirituel. On ne peut pas lâcher prise juste en prenant l’autobus. Cela prend vraiment une connaissance spirituelle pour lâcher prise.
Raga
La troisième couche d’ignorance est raga qui veut dire attachement. Rendu à l’attachement, l’illusion est devenue très, très grande. Au premier niveau d’ignorance on s’identifie au corps, au deuxième niveau on devient possessif (c’est à moi, ce corps est à moi). À ce troisième niveau d’ignorance on s’est très attaché à notre corps même s’il est en train de pourrir, on veut rester en vie. Même s’il se passe n’importe quoi avec ce corps, je veux le garder. Les gens ont peur de mourir, ils ne savent pas ce qui se passe au moment de la mort mais ils ont peur quand même parce que leur corps va être détruit. C’est un attachement très très fort et il faut que le corps paraisse très beau, tout cela fait partie de l’attachement du corps. Avec cette troisième couche, l’illusion devient encore plus forte.
Desha
Desha veut dire qu’on est prêt à tout faire pour défendre nos illusions. On est même prêt à partir en guerre contre ceux qui ne disent pas comme nous. A ce niveau nos illusions ont augmenté de beaucoup. La violence peut s‘emparer de nous pour défendre toutes ces fausses identifications. Telle personne ne trouve pas que mon corps est assez beau alors je ne le regarde plus, je ne lui parle plus. Cela grossit notre ego et notre ignorance davantage.
Abineveshita
Le cinquième niveau d’ignorance est abineveshita, absorption totale dans l’illusion. On n’est plus concerné par notre moi véritable, par la réalité. On est juste concerné à garder ces illusions en place. C’est-à-dire qu’on va haïr ceux qui ne nous aiment pas, on va s’occuper du corps à outrance, on va s’occuper que de choses matérielles parce qu’on a complètement perdu contact avec notre moi véritable. On a perdu contact avec notre vrai moi.
Ces cinq couches d’ignorance font grossir notre attachement matériel ainsi que notre ego matériel. Avec ces obstacles, il n’est pas facile de lâcher prise. On doit avant tout sortir de l’ignorance.
Karma
On va continuer avec les autres obstacles au lâcher prise. Une autre grande barrière est le karma. Le karma est décrit comme étant des chaînes. Il y a deux sortes de chaînes: des chaînes d’or et des chaînes de fer.
Les chaînes de fer s’appellent le mauvais karma alors que les chaînes d’or sont le bon karma. Si on fait une activité, on a automatiquement du karma. Le mot karma signifie action, ce n’est pas juste une réaction. À l’action il y a automatiquement une réaction. C’est une des lois de la physique matérielle, c’est une loi de la nature. Newton, le grand philosophe anglais, était aussi un scientifique qui a écrit la loi F=MA (la force égale la masse fois la vitesse d’accélération), c’est-à-dire pour chaque action il y a une réaction égale et opposée. C’est pour cela que la pomme tombe de l’arbre.
C’est une histoire qu’on raconte sur Newton alors qu’il se trouvait sous un arbre et qu’une pomme lui est tombée sur la tête. Il s’est dit : « pourquoi cela m’arrive à moi, pourquoi il faut que la pomme tombe vers le bas et lorsqu’elle tombe, elle tombe sur ma tête et là j’ai une réaction cela fait mal ». Il a calculé qu’il y a la force de la gravité qui fait que toutes les choses tendent vers le sol, cela ne vient pas juste par hasard. Ce n’est pas par hasard que les pommes tombent vers le sol, c’est qu’il y a une force de gravité qui existe.
Les choses n’arrivent pas par hasard. C’est cela le karma. S’il y a du mal qui nous arrive, ce n’est pas par hasard, c’est que nous avons fait du mal dans le passé. Toutes nos actions apportent une réaction. Dans la loi du karma, quelque chose que presque personne ne sait et qui est important de savoir; toutes les fois qu’on fait une action on en devient attaché. On prend une cigarette, la réaction c’est quoi, on commence à développer de mauvaises choses à l’intérieur, ça peut aller jusqu’au cancer. On a l’habitude, on dit je suis cool, j’ai l’air cool, j’ai l’air comme la fille à la télévision. La personne se sent relaxée un peu, elle devient attachée à son action. Plus elle devient attachée à son action, à un moment donné elle n’est plus capable de s’arrêter. On a beau lui dire de lâcher prise, c’est rendu difficile de lâcher prise sur la cigarette à cause de cette loi du karma. Lorsque tu fais une action, non seulement tu as une réaction mais tu as un attachement à cette action, cela développe un samskara. Toutes ces choses sont interreliées (action, réaction, attachement, samskara). On développe un samskara qui est une impression qu’on enregistre dans notre subconscient. C’est quelque chose qui s’enregistre à l’intérieur de nous: «j’aime la cigarette et je veux la cigarette». Le désir s’enregistre en nous.
Vasana
Les samskaras les plus dangereux sont les vasanas. Qu’est ce qu’un vasana? Un désir qui s’installe en nous. On devient des marionnettes de ces désirs. Dans notre corps on a le désir: cigarettes, cigarettes, cigarettes. On travaille fort, on fait plein de choses juste pour être capable d’avoir plus de cigarettes même si cela nuit à notre santé.
Anartha
L’anartha est un grand obstacle au bonheur et à la vie. Ce sont des désirs non voulus. Quelqu’un dit qu’il aimerait bien arrêter de fumer mais il n’y arrive pas parce qu’il y a dans son corps un anartha, un désir non voulu qui s’est inscrit en lui. Avec cet anartha, il est très difficile de lâcher prise parce que cela revient toujours. Le problème avec l’âme conditionnée c’est que lorsqu’on quitte notre corps pour prendre un autre corps, on amène avec nous tous les anarthas, tous les vasanas, l’ego qui a grossi, le karma, les attachements matériels. Tout ce bagage nous suit pour toujours, vie après vie.
Ce sont des choses qu’on traîne avec nous, ce qui fait que cela rend le lâcher prise encore plus difficile. Il y a une histoire zen qui raconte qu’un disciple va rencontrer son maître en lui demandant comment il pouvait obtenir la libération? Cela veut dire comment puis-je me libérer de tous ces anarthas, de toutes ces affaires qui me dérangent. Le maître dit: «Qui te tient prisonnier?» Voilà la réponse.
Lorsqu’on cherche le coupable on pense tout de suite qu’il est à l’extérieur de nous. Cela fait partie de l’ego. L’ego est très fier, il se pense très bon, il ne veut pas accepter ses faiblesses, il ne veut pas accepter qu’on lui dise qu’il est la cause de son propre enchaînement. Il veut mettre la faute sur quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui a un ego très fort, très développé va toujours chercher à accuser les autres. C’est souvent ce qui amène la guerre et la mésentente. C’est toujours la faute de l’autre. On cherche l’autre. Si on ne veut pas faire mettre la faute sur l’autre, on essaie de mettre la faute sur le karma, l’ignorance, l’attachement, les samskaras, l’ego, le mental etc…
En résumé le problème est que nous sommes depuis toujours attachés à l’ignorance et depuis toujours on essaie de fuir la vérité. Comme on est toujours attaché à l’ignorance, on est en proie à l’ego, au karma, aux samskaras matériels, aux anarthas, aux attachements matériels.
Lorsque vous écoutez ce qui est dit présentement, vous commencez à avoir de la connaissance. Premièrement vous êtes capable de comprendre que toutes ces choses vous donnent du trouble. A un moment donné, vous allez vous dire «Assez, c’est assez. Je ne veux plus de ces problèmes». C’est nous qui nous gardons dans ces problèmes. On est depuis toujours en contact avec la matière. C’est nous-mêmes, dès maintenant, si on vit vraiment l’instant présent, qu’on peut choisir de ne plus être esclave de toutes ces illusions, de ces samskaras.
Y a-t-il une solution à ce manque de connaissances matérielles, manque d’identités et manque de développements spirituels? On doit prendre dès maintenant la résolution de développer notre capacité spirituelle. Lorsqu’on prend cette résolution sincère, c’est un désir qui peut grandir en nous et devenir plus fort que tous les désirs nuisibles. On va pouvoir vaincre l’ignorance, les samskaras et les attachements.
Comprendre le mental - partie 1
INTRODUCTION
La Bhagavad-gita au verset 5 du chapitre 6 nous dit : «Le mental peut être ami de l’âme conditionnée, comme il peut être son ennemi. L’homme doit s’en servir pour s’élever, non pour se dégrader».
Le verset suivant rajoute : «De celui qui l’a maîtrisé, le mental est le meilleur ami, mais pour qui a échoué dans l’entreprise, il devient le pire ennemi».
Cela devient un problème pour la plupart d’entre nous qui ne savons pas le contrôler. Dans cette incapacité de contrôle le mental est notre pire ennemi. Comme tous les bons ennemis il sait se camoufler. Il est tellement bien camouflé qu’on le prend pour notre meilleur ami. Il se cache à l’intérieur de nous tellement bien que souvent on le confond à nous-mêmes.
Cela rend la tâche encore plus difficile de maîtriser un ennemi qui soit aussi bien camouflé et aussi bien situé. Non seulement il est difficile à détecter mais le plus souvent on l’écoute sans même s’en apercevoir. Selon Freud qui a fait la découverte effarante que « nous ne serions pas le maître dans notre maison », ce serait nos pulsions inconscientes et subconscientes qui nous guideraient davantage plutôt que notre raison éveillée. Les sages de l’Inde l’ont déjà dit, plusieurs millénaires avant Freud.
Les deux différents aspects principaux du mental sont la raison éveillée et le subconscient. Il est très important de connaître ces deux aspects pour comprendre jusqu’à quel point on est esclave de nos pensées et de nos pulsions intérieures sans s’en rendre compte.
Ainsi un esclave reste encore plus longtemps esclave lorsqu’il ne s’en rend pas compte. Les industries commerciales et les multinationales préfèrent les gens ignorants du mécanisme du mental afin de contrôler leurs désirs et leurs pulsions. Une autonomie spirituelle est très peu encouragée dans notre société car les gens seraient plus difficilement manipulables.
Sommes-nous vraiment esclaves de notre mental? Il est très facile de l’expérimenter dans nos activités de tous les jours. Il suffit d’être face à une publicité alléchante et voir le mécanisme intérieur du mental s’activer.
FONCTIONS DU MENTAL
Les sages de l’Inde expliquent que le mental a trois principales fonctions qui sont de penser, de sentir et de vouloir (volonté).
Face à une publicité on peut «sentir» un intérêt pour celle-ci. Après on peut se mettre à «penser» que cela serait bien d’obtenir le produit de la publicité. Finalement vient le vouloir, on veut acheter le produit.
Ce processus peut se faire dans l’espace d’une fraction de seconde ou au cours de quelques semaines. Peu à peu le mental devient dans un état hypnotique. Il développe un état de contemplation pour des objets extérieurs. Lorsque le désir naît très fortement en soi, on sent qu’on ne peut pas s’en passer. On devient esclave de ce désir et on veut acquérir cet objet que l’on croit indispensable alors qu’on pouvait parfaitement vivre sans lui auparavant.
Voilà un des mécanismes du mental. Il y en existe plusieurs autres auxquels on ne fait qu’être subordonné. Prenons par exemple les désirs qui sont stockés en nous dans notre subconscient. Ces désirs sont ranimés d’une façon ou d’une autre au contact d’un objet des sens, d’une publicité ou d’un souvenir. Lorsque ce désir est ranimé on se sent obligé malgré nous de travailler pour satisfaire ce désir. Bien sûr le procédé est tellement rapide et convaincant que souvent on ne se rend pas compte que c’est un désir. On croît qu’on répond à une nécessité impérieuse et nécessaire. Mais dans les faits on agit selon la conception mentale qu’on a adoptée en ce moment.
Tous ces mécanismes sont très subtils et très difficiles à observer lorsqu’on n’a pas l’esprit formé à la méditation ou lorsqu’on n’a pas un cheminement spirituel. Dans bien des situations il est très difficile de voir le fonctionnement du mental. C’est un fonctionnement très élaboré et subtil. Des armées de psychiatres et de psychologues essaient de le comprendre depuis longtemps. Tous les spiritualistes depuis des siècles ont fait énormément d’études sur le sujet du mental.
Le yoga de la fascination - partie 1
INTRODUCTION
Ce qu’il y a de plus important dans nos vies, c’est l’irrésistible attraction que l’on a envers l’infiniment fascinant. Il n’y a rien qui nous fascine davantage que l’infini, cet infini nous fascine de façon illimitée. Cette fascination n’est pas une illusion. Ce qui est illusoire c’est de croire qu’on peut être fasciné par quelque chose d’autre que l’infini. Lorsqu’on est fasciné par quelque chose d’autre que l’infini cela nous met dans la souffrance et nous empêche d’obtenir le bonheur désiré.
Nous sommes dans l’illusion lorsque notre pouvoir de fascination est limité à quelque chose que l’on conçoit comme étant fini. Dans la réalité, il n’y a rien qui ne soit pas infini. Le moindre petit objet est rempli d’infiniment petit et comme on l’a vu dans la science moderne, l’infiniment petit est infiniment fascinant.
On n’a jamais pu expliquer et trouver tous les mystères qui se cachent dans l’atome. Plus on regarde au cœur de l’atome, plus on trouve des choses qui sont infiniment petites, infiniment mystérieuses et infiniment difficiles à comprendre. Cela est la beauté de la science.
Plus on regarde au fond de la nature, plus on voit qu’il y a du surnaturel et plus on voit qu’il est inconcevable pour nos sens limités, nos pensées limitées et notre intelligence limitée. Plus on voit aussi que ce surnaturel est infini.
Seul un esprit blasé qui est fermé aux mystères de la vie ne peut être complètement fasciné par tout ce qui se passe dans la vie, que ce soit naturel ou surnaturel. Plus on analyse le surnaturel, plus il peut être compris de façon naturelle. Plus on analyse le naturel, plus il nous semble surnaturel. Le naturel et le surnaturel sont très liés, il n’y a pas de dualité entre eux lorsqu’on a une vision supérieure (la vision de la non-dualité spirituelle).
C’est ainsi que les découvertes sont infinies. On ne finit jamais d’en découvrir davantage sur la nature, sur ce qui nous entoure, sur ce qui est naturel et surnaturel. On en découvre toujours davantage, ce n’est jamais fini et on arrive rarement à une conclusion finale ou à une vérité complète. Ainsi la science est infinie. Plus on est fasciné par l’infini, plus on devient de meilleurs scientifiques.
LA SCIENCE ET L’INFINIMENT FASCINANT
Un des premiers pères de la méthode empirisme à la Renaissance, le britannique Francis Bacon disait : «un peu de science nous détourne de Dieu mais beaucoup nous ramène à Lui». Plusieurs scientifiques comme Einstein et de nombreux autres gagnants de prix Nobel ont vécu ce même sentiment, plus ils devenaient sérieux à vouloir comprendre la nature, plus ils voyaient qu’il y avait quelque chose d’infiniment fascinant, d’infiniment incompréhensible dans celle-ci et, par amour à la vie, ils demeuraient passionnés dans leurs recherches. Ils continuaient à chercher et concluaient avec grande humilité qu’ultimement bien des choses demeurent incompréhensibles à nos esprits limités.
Voici un autre exemple de cette fascination dans le monde de la science moderne. L’astrophysicien, Hubert Reeves, cherchait depuis de nombreuses décennies de trouver dans le cosmos une situation semblable aux conditions de vie existante sur la planète Terre où il pourrait y avoir de la vie évoluée et intelligente comme la nôtre. Il se disait : «c’est presque impossible de retrouver les mêmes conditions terrestres où tout est infiniment bien calculé». Si la terre était située un peu plus près ou plus loin du soleil, ou la lune placée à une distance différente, il ne pourrait pas y avoir de vie telle qu’on la conçoit en ce moment, cela serait inconcevable et inimaginable. Et que tout cela se soit produit simplement par un pur hasard est inconcevable et incompréhensible.
Il y a le scientifique Jacques Monod qui a gagné le prix Nobel en 1970 et qui déclarait que la vie n’est due qu’à un hasard. Le hasard n’est pas une explication scientifique. Par la science on doit être en mesure de décrire exactement comment les choses se sont passées.
Le mot hasard fait partie de la foi et des croyances. On peut croire que les choses viennent par hasard, on ne peut jamais prouver le hasard. Le hasard est par nature improuvable et c’est quelque chose qui se rapproche du surnaturel. Cette théorie matérialiste a fait beaucoup de chemin dans la société. Aujourd’hui plusieurs personnes qui prônaient cette théorie avouent avoir de la difficulté à avoir foi dans le hasard.
On parle ici de foi parce que la foi n’est pas limitée au domaine religieux. Aussitôt qu’on parle de foi on croit à quelque chose qui ne peut être expliquée par la raison. On ne peut pas expliquer le hasard par la raison. Si on croit au hasard c’est de la foi. Plusieurs personnes très intelligentes ne peuvent pas avoir foi au hasard. Elles vont mettre leur foi en quelque chose de supérieur au hasard. Einstein lui-même disait toujours que «Dieu ne joue pas au dé». Selon lui, Dieu a créé des lois qui régissent la nature matérielle et c’est à l’homme de faire l’effort de découvrir ces lois pour mieux vivre en ce monde.
Méditations sur le lotus - partie 1
INTRODUCTION
C’est plutôt une technique de visualisation qu’une pratique de méditation. Elle peut être faite à divers niveaux lorsqu’on l’insère au cœur d’une pratique de méditation classique très profonde. Elle peut se faire à tout moment de la journée comme lorsqu’on prend une marche.
LA FLEUR DE LOTUS
Avant d’aller dans les diverses méditations possibles sur le lotus, on va commencer par une description générale de cette fleur. Pourquoi est-elle si utilisée depuis des millénaires dans la pratique de la méditation?
Le lotus représente lipitrome de la beauté. Selon les sages de l’Orient, elle est la fleur la plus belle qui puisse exister.
C’est une fleur qui sort de la boue et pousse dans l’eau. Puis elle s’élève bien au-dessus de l’eau. Les feuilles et la fleur ne sont jamais touchées par l’eau. Elle symbolise l’éveil de la conscience comme si à l’image du lotus la conscience sortait des ténèbres pour aller vers la lumière.
Ainsi cette fleur de lotus est devenue une inspiration à la méditation pour beaucoup de traditions en Orient. Cette représentation ou cette symbolique est surtout utilisée en Inde quoiqu’utilisée dans l’hindouisme, le bouddhisme, le védanta et le zen. Le lotus devient comme le symbole de l’épanouissement spirituel.
Bien qu’elle soit d’origine orientale, les méditations sur le lotus sont donc utilisées partout dans le monde, peu importe notre religion, notre niveau de conscience et les pratiques spirituelles auxquelles on est attaché. La méditation sur le lotus peut nous aider tous et chacun à aller un peu plus loin au cœur de nous-mêmes, un peu plus loin vers la lumière et la vérité.
MÉDITATIONS SUR LE LOTUS
On va tout de suite passer à la visualisation méditative sur le lotus. Il est préférable d’utiliser l’image d’une fleur de lotus pour que peu à peu nous puissions être capable de l’intérioriser et se passer de l’image.
Pour un débutant il gardera l’image près de lui jusqu’au jour où elle sera gravée en son cœur. Puis se souvenant de la fleur les yeux fermés, il pourra avec la pratique rendre son cœur semblable à ce lotus.
C’est ainsi qu’après des années de pratique et des progrès acquis, notre conscience et notre cœur vont devenir pareil à un lotus. En méditant sur le lotus on va développer les diverses qualités de ce lotus. Voilà pourquoi l’une des façons les plus profondes et rapides de s’imbiber de ce lotus est de méditer sur ces qualités.
Nous allons faire plusieurs méditations qui vont commencer par les différentes qualités qui ressortent du lotus. Dans un deuxième temps nous méditerons sur des caractéristiques encore plus profondes.
C’est lorsqu’on a l’image du lotus devant soi ou qu’on a réussi à s’en rappeler qu’on est enfin prêt à s’installer dans un état méditatif. Nous pouvons lire le cours disponible qui s’intitule «introduction à la méditation» pour nous aider à créer cet état de méditation.
Voici un court résumé pour ceux qui veulent avoir un accès plus rapide à l’état méditatif. Cependant on invite tous les débutants à bien maîtriser les techniques de méditation classique qui sont décrites dans les différents cours sur la méditation. Atteindre un bon niveau de méditation peut prendre quelques heures ou quelques années, dépendant de notre sérieux, mais il est primordial dans un premier temps d’avoir maîtrisé ces méthodes de méditation classique.
La méditation classique est basée sur quatre principes très simples. Le premier de ces principes est d’avoir une position idéale. Cela signifie avoir le dos droit et les jambes croisées la plupart du temps à la façon du Bouddha.
Le Bouddha est assis les jambes croisées. Cette façon de croiser les jambes s’appelle la position du lotus. C’est d’ailleurs la meilleure position pour méditer créant l’équilibre du corps et la relaxation.
On dépeint souvent Bouddha assis sur un lotus pour montrer qu’il a atteint cet état de conscience élevée. Le but de cette méditation sur le lotus est d’atteindre un état de conscience similaire à celui du Bouddha et encore plus.
Il ne faut pas se limiter et croire que nous ne pouvons pas atteindre le même état que Bouddha. D’après les sages de l’Inde, chacun de nous peut atteindre des états encore plus grands que Bouddha a connus.
Voilà pour la première étape de la méditation classique qui consistait à être bien assis le dos très droit.
La deuxième étape est de savoir bien relaxer. Il existe plusieurs sortes de techniques de relaxation que vous pouvez utiliser. Une technique qui est très efficace consiste à respirer très profondément. On inspire très lentement et on expire encore plus lentement. Il faut répéter cela plusieurs fois en respirant avec le bas du ventre. On doit utiliser tout le corps dans la respiration. Cela aura pour effet de relaxer le corps peu à peu et nous conduire à un état de méditation.
La troisième étape est la concentration. C’est un moment de grande attention où on laisse les pensées naître et mourir sans s’y attacher. On ne court pas après les pensées. On ne suit pas le fil des pensées discursives qui nous amènent vers des choses extérieures, au passé ou au futur. Il faut apprendre à rester ancré dans l’instant présent et se vider de toutes autres pensées ou images qui soient différentes du lotus. Il faut laisser naître en notre cœur l’image du lotus dans l’état de méditation profonde.
La quatrième étape est celle de la méditation profonde qu’il faut avoir goûté au moins une fois dans sa vie. Lorsqu’on a la bonne posture, qu’on a bien relaxé et qu’on a appliqué une concentration pas trop ferme et pas trop souple, on peut vivre cet état. C’est un état indescriptible à ceux qui ne l’ont pas expérimenté.
Il existe plusieurs techniques de méditation pour nous amener à cet état. Lorsqu’on a atteint une paix intérieure, l’état de méditation profonde est la meilleure façon de faire venir en notre cœur l’image du lotus.
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Les difficultés de lâcher prise - partie 2
LÂCHER PRISE ET LE PARAMATMA
Que se passe-t-il au niveau spirituel? Comment pouvons-nous expliquer l’arrivée de la solution? C’est, selon le principe décrit en sanskrit, par le Paramatma.
Le corps est décrit comme étant un arbre. Cela veut dire que dans chaque corps on retrouve différentes qualités et attitudes. Ce sont les différents fruits que ce corps porte. Les Upanishads disent que dans cet arbre il y a deux oiseaux; un qui représente l’âme (atma) et l’autre l’Âme Suprême (Paramatma).
Nous, on est l’âme individuelle (Atma). On ressemble beaucoup à l’autre oiseau, Paramatma, qui est l’Âme Suprême. L’Âme Suprême, contrairement à l’âme individuelle, ne veut pas jouir des fruits de l’arbre. Elle est détachée de l’arbre tandis que nous, l’Atma, y est attaché, on veut jouir des fruits de l’arbre. On veut jouir de nos attitudes, de nos capacités, de nos richesses, de tout ce que possède notre corps.
On se promène avec notre corps et on voit quelque chose de beau. On se dit : « je le veux. » Aussitôt qu’on le veut, on est attaché. On veut prendre prise, on ne veut pas lâcher prise. Pendant ce temps il est dit que l’autre oiseau (Paramatma) est un témoin, il regarde, il n’a pas besoin de vouloir prendre prise sur tout ce qu’il a parce qu’il est déjà le Tout, il est déjà l’Absolu, la Source de toutes ces choses. Il n’en a pas besoin, il ne veut pas l’avoir pour Lui-même. Il est déjà cela tandis que nous, l’âme individuelle, ne sommes pas le Tout.
On est dépendant de tout mais au lieu de vouloir dépendre de l’autre oiseau (l’Âme Suprême), on veut dépendre de nos propres capacités matérielles, on veut prendre prise sur plein de choses matérielles. Lorsqu’on veut prendre prise, on devient attaché à cette chose.
La difficulté de parvenir au lâcher prise c’est qu’on est tous attaché. Ce n’est pas aussi facile de se détacher car on est attaché à la matière, vie après vie, depuis des milliers d’années. C’est une habitude qui a pris racine en nous. C’est très, très difficile de se défaire de cette habitude.
Le même texte des Upanishads explique que la meilleure façon de lâcher prise est d’offrir les fruits à l’autre oiseau (Paramatma) au lieu d’essayer de les garder pour nous-mêmes. De cette façon on se détache de notre habitude de vouloir les fruits pour nous-mêmes (égoïsme), de vouloir que les situations soient pour notre propre plaisir (égoïsme) ou de vouloir contrôler la situation pour qu’elle soit à notre goût (égoïsme). C’est le procédé facile qui nous est expliqué ici.
C’est pour cela qu’on retrouve au centre de la maison un autel sur lequel on a mis cet oiseau (Krishna). Il s’agit d’un procédé qui fait partie du bhakti yoga. En faisant de la sorte ce n’est plus nous qui est le centre, ce n’est pas l’ego matériel qui est le centre d’intérêt mais plutôt le Paramatma, l’Âme Suprême. En offrant tout au Paramatma, on devient détaché des choses matérielles. Par exemple on cuisine pour l’Âme Suprême, on Lui offre, avec la conscience que ce n’est pas à nous cette nourriture, c’est à Lui, et on en prend juste ce qui est nécessaire pour garder le corps en vie, pour garder l’arbre en santé.
C’est un principe très simple du lâcher prise mais c’est tout de même rare qu’une personne va vouloir faire cela. L’ego matériel est tellement puissant qu’il veut absolument demeurer le centre de l’univers, il ne veut pas être délogé par quelqu’un d’autre. Il a un instinct de survie. L’ego matériel veut tout contrôler selon ses désirs. Il veut que les choses se passent selon son goût et non selon le goût de quelqu’un d’autre. Cela devient un grand obstacle au lâcher prise.
Santé Globale Magog 2006-2007
Je ne connais pas la lien ave la santé globale mais c’est un vidéo montrant beaucoup la joie de la jeunesse
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Photo du salon du livre de Montréal

J’y étais la semaine dernière pour la dédicace de mon livre : Contes de l’Inde ancienne
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